Lisez l'édition #23 de la newsletter "L'IA en location saisonnière"

Exemple d'édition — L'IA en location saisonnière
Cette édition est le troisième volet d'une série où je passe le site internet de mes gîtes au microscope, données réelles à l'appui.

Elle se lit très bien seule : vous verrez concrètement ce que vous recevez chaque jeudi : de l'analyse de terrain, des chiffres vérifiés, et ce que j'en tire pour ma propre activité.
L'IA en location saisonnière  ·  Infolettre hebdomadaire de DigitalGite
DigitalGite  ·  Édition #23  ·  23 juillet 2026
Google sait qui veut réserver chez vous
Vous le dit-il ?
Lecture estimée : 9 minutes

La semaine dernière, je vous ai proposé un tour derrière la vitrine de mon site internet.

Grâce aux données de Google Analytics 4, nous avons vu comment les visiteurs entraient (par quelles portes) et, une fois à l'intérieur, ce qu'ils regardaient (quelles pages du site).

Nous avons constaté qu'un visiteur sur sept arrivait jusqu'à la caisse, principalement en provenance de l'étranger.

Mais arriver à la caisse, cela ne signifie pas acheter. C'est-à-dire réserver un séjour. Et on s'était arrêté là.

Dans cette édition, je vous propose de poursuivre le parcours dans le magasin, en se dirigeant résolument vers la caisse.

Avec une nuance dans mon cas : la caisse n'est pas là où on pourrait s'attendre à la trouver. Vous découvrirez pourquoi.

Bonne lecture !
Marc

Au programme
  • Pourquoi ma caisse n'est pas là où on peut l'attendre
  • Qui passe vraiment à la caisse (avec une surprise venue d'Allemagne)
  • Quand l'IA embellit un peu trop les photos
  • Qui m'envoie des visiteurs (et ce que l'IA amène réellement comme trafic)
  • Pendant ce temps, la carte des plateformes se redessine
  • Pour en finir avec le tiroir-caisse
  • Post-scriptum : ces pages disparues de Google
01

Pourquoi ma caisse n'est pas là où on peut l'attendre

Reprenons le parcours d'achat là où nous l'avons laissé.

Pour rappel, Google Analytics observe le parcours du visiteur sur votre site internet en quatre étapes : comment il arrive (l'acquisition), ce qu'il regarde une fois entré (l'engagement), est-ce qu'il achète (la monétisation), et enfin est-ce qu'il revient (la fidélisation).

Dans l'édition précédente, nous avons vu les deux premières étapes, avec des exemples de rapports donnés par GA4.

Je serais bien en peine de vous montrer des rapports de la troisième étape, pourtant intéressante puisqu'elle concerne la caisse et les ventes.

Car GA4 ne me propose aucun rapport. Pas un euro. Rien.

Voyez par vous-même :

Rapport de monétisation GA4 entièrement vide

Le rapport de GA4 sur la monétisation… totalement vide, pour une raison simple à comprendre.

S'il n'y a rien dans les rapports de GA4, ce n'est pas parce que personne ne réserve, je vous rassure. GA4 ne peut tout simplement pas voir ce qui se passe à la caisse.

La raison ? Quand un visiteur décide de réserver, il clique et quitte mon site. Il atterrit chez Elloha, mon channel manager, où il confirme ses dates et sa réservation, avant de procéder au paiement de l'acompte.

Autrement dit : mon magasin prend la commande au comptoir. Mais la caisse est physiquement ailleurs.

Or GA4 est branché sur mon site. Pas sur celui d'Elloha. GA4 voit le client se diriger vers la sortie pour aller vers la caisse, puis il le perd de vue.

Ce n'est pas un défaut de réglage : c'est un choix d'intégration du channel manager.

Mais il y a moyen de semer des petits cailloux pour garder la trace des visiteurs. Cela s'appelle un traceur, une sorte de mouchard si vous préférez. Un code fourni par Google que l'on peut normalement insérer dans les paramètres du channel manager, si la réservation s'effectue hors du site.

Sauf que ce traceur, je viens seulement de le placer. Bien entendu, l'historique n'est pas récupérable. Mais dorénavant, GA4 identifie bien les visiteurs qui quittent mon site pour se rendre sur celui du channel manager.

Néanmoins, je peux tout de même identifier qui réserve des séjours, avec les données de mon channel manager.

02

Qui passe vraiment à la caisse ? (avec une surprise venue d'Allemagne)

J'ai donc été chercher l'information là où elle se trouve : dans les données de mon channel manager.

En croisant les données de GA4 (ceux qui s'approchent du comptoir) et celles d'Elloha (ceux qui sont passés à la caisse), j'ai constaté que les deux rapports ne racontent pas la même histoire.

Sur mon site, ce sont les Néerlandais qui se pressent le plus vers la page de réservation. Les Allemands, eux, arrivent bien derrière.

Dans mes réservations en direct, c'est exactement l'inverse. Les Allemands passent en tête. Et les Néerlandais reculent à la troisième place.

Au passage, notez que les visiteurs français conservent leur deuxième place dans les deux graphiques.

Comparaison : qui atteint la page réservation contre qui réserve vraiment en direct

En haut : la part des visiteurs de chaque pays qui atteignent la page réservation (Google Analytics). En bas : la répartition des séjours réservés en direct (channel manager). Ce sont les classements qu'il faut comparer, pas les hauteurs.

Comment expliquer ce renversement de comportement entre les Néerlandais et les Allemands ? J'identifie trois pistes.

La première, je l'ai vérifiée dans mes propres chiffres. J'ai regardé d'où venaient mes clients néerlandais. Six sur dix ont réservé via Booking. C'est, de très loin, le marché le plus attaché à cette plateforme. Rien d'illogique, puisque Booking est une société néerlandaise. Est-ce une question d'habitude ou de confiance des voyageurs néerlandais envers Booking ?

La deuxième me concerne directement. Réserver en direct chez moi suppose de payer un acompte de 50 % immédiatement. Sur Airbnb ou Booking ? Il est possible de ne rien payer au moment de réserver. Et donc : y a-t-il un arbitrage entre le montant de l'acompte et la réduction de tarif en réservant en direct ? L'acompte fait-il effet de friction ?

La troisième piste est une limite des données elles-mêmes. Tous ceux qui consultent ma page de réservation ne cherchent pas forcément à réserver. Certains sont peut-être déjà logés chez moi et viennent simplement vérifier le tarif. Impossible de les distinguer des autres. Cela gonfle sans doute un peu le score. De combien ? Je n'en sais rien.

Reste l'essentiel, et il confirme ce que je vous disais la semaine dernière. Le volume de visiteurs est belge. La réservation, elle, penche vers l'étranger.

03

Quand l'IA embellit un peu (trop) les photos

Posons un instant les tableaux de bord.

Exemple réel d'une optimisation de photo par IA sur une annonce Airbnb

Un exemple réel d'une « optimisation » de photos sur une annonce Airbnb (Source : CTV News - 2026).

Il y a quelques semaines, je vous racontais dans cette newsletter mon test d'un outil censé « sublimer » les photos d'annonce grâce à l'IA.

Le résultat ? La chambre d'un de mes gîtes relookée, et un soleil qui entrait par le nord-est. Physiquement impossible.

J'avais conclu que ce n'était pas une optimisation, mais un trucage. Et qu'il vendait de la déception au voyageur.

Cette semaine, cette déception a pris un visage.

Une famille ontarienne a réservé un logement à Toronto pour sa fille, sur la foi des photos de l'annonce. Sur place, rien ne correspondait. Selon eux, ces photos avaient été générées par intelligence artificielle.

Ils ont introduit une réclamation et ont obtenu le remboursement intégral du séjour. L'annonce a été suspendue par Airbnb.

Chacun conviendra que ce n'est pas l'IA qui est en cause. Mais bien l'usage qu'on en a fait.

Elloha a récemment publié un article sur l'optimisation de photos à l'aide de l'IA, citant une étude selon laquelle près de 20 % des photos hôtelières seraient ainsi améliorées avec l'IA.

Source : « Photos & IA : 1 hébergeur sur 5 pourrait en abuser… », Elloha, 5 juillet 2026

Source : CTV News, « This family thought they booked an 'amazing' Toronto Airbnb. They say AI was used to generate the photos », 14 juillet 2026 (en anglais)

04

Qui m'envoie des visiteurs (et ce que l'IA amène réellement comme trafic)

Revenons à nos moutons. Enfin à nos tableaux de bord fournis par Google.

Attardons-nous un instant sur deux autres informations bien utiles données par Google Analytics. Même si nous n'avons pas encore épuisé la question du passage à la caisse. On y reviendra.

Ces deux informations concernent l'arrivée des visiteurs.

Je vous ai expliqué, la semaine dernière, que la majorité de mes visiteurs arrivaient via les moteurs de recherche (le référencement) et directement au moyen de l'adresse du site.

Il existe deux autres portes d'accès qui valent la peine d'être suivies.

La première des deux portes, ce sont les sites référents

C'est-à-dire d'autres sites qui parlent de vous et placent un lien vers le vôtre (ce qu'on désigne comme les « backlinks »).

Chez moi, cette porte voit passer à peine 250 visites sur quinze mille. Autant dire une goutte d'eau.

Sauf qu'en y regardant de plus près, ce sont les meilleurs visiteurs de mon site. Pourquoi ?

Sept à neuf sur dix consultent réellement le site, contre un peu plus d'un sur deux pour ceux qui arrivent par Google. Et ils restent une à deux minutes, quand la moyenne peine à atteindre cinquante secondes. Bref, des visiteurs bien engagés.

Qui sont ces sites référents ? Presque toujours les mêmes : VisitWallonia, très loin devant, puis la Fédération des Gîtes de Wallonie et VisitArdenne. Autrement dit : l'écosystème touristique de ma région.

C'est précieux, car leurs visiteurs sont qualifiés. Probablement à la recherche d'un hébergement.

Et cette porte ne coûte rien (ou presque) : elle demande juste d'exister dans l'écosystème touristique de sa région, et d'y tenir ses informations à jour.

Les sites référents qui envoient des visiteurs au site des gîtes

La deuxième porte, c'est le trafic amené par l'IA

C'est une question que l'on se pose de plus en plus : combien de visiteurs les intelligences artificielles envoient-elles ?

578
visites amenées par les IA en quinze mois
4 %
de mon trafic total
94 %
de ce trafic vient de ChatGPT seul

Perplexity, Copilot, Gemini et les autres se partagent les miettes.

Répartition du trafic amené par les intelligences artificielles

En mai dernier, je vous montrais déjà ce trafic IA, et je parlais d'une progression spectaculaire.

Je dois corriger le tir. Sur quinze mois complets, la progression est réelle, mais bien plus modérée : environ un doublement en un an.

Pourquoi cet écart ? Parce qu'à l'époque, Google Analytics n'avait pas encore de case pour ce trafic. Je n'en voyais qu'une partie.

Pendant ce temps, mon trafic issu du référencement, lui, était multiplié par quatre ou cinq.

Deux portes, deux enseignements. La première porte est minuscule, mais elle m'amène les visiteurs les plus attentifs. La seconde fait la une depuis deux ans, et pèse quatre pour cent de mes visites.

Le trafic organique n'est décidément pas (encore) mort. Mais le trafic IA est en progression constante : à surveiller donc.

05

Pendant ce temps, la carte des plateformes se redessine

Début juillet, le groupe allemand Holidu a racheté Gites.com. Un portail néerlandais spécialisé dans les locations en France, pour une clientèle néerlandaise et belge.

Anecdotique ? Pas tout à fait. Car Holidu n'est pas un Airbnb de plus.

Il ne se contente pas de vous amener des voyageurs : il vend aussi aux propriétaires les outils pour travailler. Annonces, calendrier, paiements, et jusqu'au site de réservation directe. Il devient le socle sur lequel vous travaillez.

Et l'IA lui sert à digérer ces rachats en quelques semaines, là où il fallait des mois. Acheter un portail local, le brancher sur sa machine, recommencer.

Gites.com est sa quatorzième opération. D'autres groupes européens font de même.

Faut-il s'en inquiéter ? Un acteur européen face aux géants américains, ce n'est pas une mauvaise nouvelle. Mais ne nous trompons pas : ce n'est pas la fin des intermédiaires, c'est l'arrivée d'un nouvel intermédiaire, avec un modèle plus intégré.

Quand un même acteur tient votre visibilité, votre calendrier, vos paiements et votre site, en partir devient (très) compliqué.

C'est pour cela que cela vaut la peine de creuser son propre sillon. Un site qui nous appartient. Des clients dont nous gardons le contact.

Ce n'est pas le chemin le plus rapide. Mais c'est le seul dont personne ne peut nous déposséder.

Source : PhocusWire, « Holidu continues european growth with acquisition of Gites.com » (recherche documentaire effectuée par ChatGPT sur base d'un prompt préparé avec Claude).

Au fil de ces deux éditions, je vous ai brossé le parcours du visiteur sur mon site internet, depuis la vitrine jusqu'à la caisse, à l'appui des informations fournies par Google.

Enfin, presque.

Je dois être honnête : je n'ai pas les yeux rivés sur la caisse de mon magasin. Certes, je suis bien informé des transactions (mon channel manager est un partenaire honnête).

Mais il existe des visiteurs qui renoncent à l'achat. Ils arrivent, jettent un œil (ou même deux) aux rayons, et repartent sans réserver un séjour. Certains vont même jusqu'à la caisse.

Dans ces circonstances, de nombreux e-commerces vous envoient un message, pour vous signaler que votre achat n'a pas été conclu. Cela s'appelle de la relance.

Le suivi de tout le parcours des visiteurs, grâce aux données de Google, m'amène au constat qu'il y a une étape que je néglige. Celle-là, justement : la relance.

Or, mon channel manager me fournit des informations sur ces désistements, juste avant le passage à la caisse.

Je vous propose d'y revenir dans un quatrième et dernier épisode de cette série sur le parcours visiteur.

Le parcours d'un visiteur en cinq étapes, et où trouver l'information

À la semaine prochaine !

Marc — DigitalGite
Post-scriptum

Ces pages disparues de Google

Il y a peu, je vous racontais ma mésaventure avec mon outil de traduction : quota épuisé, message d'avertissement négligé… et mes pages traduites étaient toutes servies en français.

Je vous avais dit que tout était rentré dans l'ordre. C'est vrai. Mais je dois nuancer.

En regardant la Search Console de plus près, j'ai vu ce que je n'avais pas vu sur le moment. À la mi-juin, une cinquantaine de mes pages traduites sont sorties de l'index de Google. Renvoyées vers leur version française. Un mois plus tard, une quinzaine sont encore dans cet état.

Search Console : évolution du nombre de pages indexées

Des pages non indexées, ce sont des pages que Google n'affiche plus dans ses résultats.

Et au même moment, mon trafic a fléchi.

Search Console : baisse du trafic fin juin 2026

La flèche indique la baisse de fin juin 2026.

Je me garde bien d'affirmer que la non-traduction des pages explique la baisse de trafic : il y a des variations saisonnières, et je n'ai pas isolé les pages concernées. Mais la coïncidence est là. Et depuis début juillet, la courbe du trafic est repartie de plus belle.

La conclusion que j'en tire ? Un site internet se surveille : une routine, au moins une fois par mois.

Ouvrir la Search Console, suivre l'évolution des clics et des impressions, bien sûr. Mais aussi le nombre de pages indexées.

Vous connaissez quelqu'un que cette newsletter peut intéresser ? Partagez-lui cette édition.

Cette édition vous inspire un commentaire ou une réaction ? N'hésitez pas à répondre à cet envoi : ce n'est pas une IA qui lira votre message.

Chaque jeudi matin, l'actualité IA filtrée pour les loueurs saisonniers,
une mise en perspective et un retour terrain concret issu de ma propre gestion à Dinant.
Indépendant. Sans lien affilié. Testé avant d'en parler.

S'abonner gratuitement

Envie d'une édition dans un autre registre ? Lire « Savez-vous que la Tour Eiffel se trouve à Dinant ? »

Retour en haut

L'IA en location saisonnière

Ce qui fonctionne vraiment

J’utilise l’IA dans la gestion de mes gîtes et je partage ce qui vaut la peine pour les loueurs de 1 à 15 hébergements. 

Chaque jeudi dès 7h : 

  • ce qui change en IA pour votre location, 
  • les outils qui comptent, 
  • les résultats obtenus.

Une newsletter gratuite et indépendante.