Votre fiche Google peut-elle vous amener des réservations en direct ?
Depuis l’ouverture de mes gîtes et la création de ma fiche d’établissement, Google m’envoyait un mail chaque mois pour me rappeler de mettre à jour mes tarifs sur ma fiche d’établissement. Le lien contenu dans le message m’amenait sur ma fiche, à l’endroit précis où je saisissais mes prix. Cet endroit n’existe toutefois plus depuis l’été 2025. Le dernier de ces messages de Google est arrivé le 1er avril 2026, soit huit mois après la fermeture de cette option tarifaire sur la fiche. Les mails se sont arrêtés à cette date, sans aucune explication.
Récemment, j’ai tapé le nom de mes gîtes dans Google, en navigation privée, pour comprendre ce que voit un voyageur. Ma fiche apparaît bien, avec les 24 avis et les autres attributs. Elle contient même un encadré « Comparer les prix », avec possibilité d’indiquer des dates et un nombre de personnes. Pas de tarif affiché, mais une phrase : « Contacter cet établissement pour connaître les tarifs et la disponibilité ». Au-dessus de ce pseudo comparateur, on y trouve aussi un bouton « Site Web », qui mène à mon site internet. S’il visite ma fiche sur son GSM, le visiteur peut aussi m’appeler ou me contacter via WhatsApp. Dans tous les cas, il ne sait rien de mes tarifs, ni de ma disponibilité.
Si je ne peux plus afficher mes tarifs sur ma fiche Google, qu’est-ce que la fiche peut encore faire pour m’amener des réservations ? Ce lien vers mon site web en est une première réponse, et elle est gratuite. Mais il exige une action du visiteur : cliquer sur le lien et se rendre sur mon site, sans savoir ce qu’il découvrira. Idem pour le contact téléphonique ou via WhatsApp.
Il existe une deuxième réponse pour obtenir des réservations en direct, et elle passe par Google Vacation Rentals, le comparateur développé par Google. Sur ce canal, je n’ai pas la main, et vous non plus : on y apparaît par un intermédiaire, une plateforme de réservation en ligne ou un channel manager.
Son intérêt annoncé, c’est qu’il affiche des tarifs : ceux pratiqués sur les plateformes, et, quand un flux les transmet, votre tarif de réservation en direct. Les données de mon hébergement qui remontent dans Google Vacation Rentals ne s’arrêtent pas au comparateur : elles alimentent aussi Google Maps. Elles remontaient également dans les résultats de recherche, jusqu’à ce que Google les en retire dans l’Espace économique européen, le 8 septembre 2026, pour se conformer au règlement européen sur les marchés numériques (le DMA).
C’est ce que montre le schéma ci-dessous. Avec un risque : puisque les deux sources sont distinctes, votre fiche d’un côté et l’inventaire de l’autre, quelles garanties avez-vous que les données affichées concordent ?
Trop long à lire ? L’essentiel en 6 points
- Depuis fin juillet 2025, vous ne pouvez plus saisir vos tarifs sur votre fiche Google. Mais le lien « Site Web » reste, et c’est votre voie de réservation directe la plus simple et gratuite : pointez-le plutôt vers votre page de réservation, pas votre page d’accueil.
- Sur Google Maps, ce même lien vous représente, mais l’écran de disponibilité fait apparaître sous votre annonce des hôtels concurrents avec leurs prix.
- Google Vacation Rentals est le comparateur de Google Travel, alimenté par les plateformes et non par votre fiche. Vous y êtes peut-être déjà sans l’avoir demandé, et son contenu remonte aussi dans Google Maps. Dans les résultats de recherche, Google l’a retiré en Europe le 8 septembre 2026. Airbnb, lui, n’y figure pas.
- Google peut y recomposer votre inventaire : pour mes deux gîtes, trois annonces, trois notes dont aucune n’est celle de ma fiche, et une localisation fausse sur la carte. Rien de tout cela ne se corrige à la main.
- Votre prix direct ne remonte pas dans le comparateur sans flux de prix : il s’affiche sous les plateformes tarifées, sans tarif. Connecté ne veut pas dire comparé.
- Personne ne mesure ce que Google Vacation Rentals rapporte, ni combien de voyageurs l’utilisent. Mon conseil : ne pas y investir de temps, et garder votre énergie pour ce que vous maîtrisez.
Pendant huit mois, Google m'a réclamé des tarifs que je ne pouvais plus saisir
Jusqu’à l’été 2025, je pouvais saisir mes tarifs directement sur ma fiche d’établissement. mais dès le 30 juillet, ce champ a disparu, sans annonce claire de la part de Google.
À la même période, la presse spécialisée documentait un verrou du côté hôtelier : Google mettait fin à la saisie manuelle des tarifs sur les fiches d’établissement et n’accepte plus que des flux transmis par des partenaires autorisés.
Même sans cette possibilité d’indiquer des tarifs, ma fiche d’établissement a continué de remplir sa fonction principale, à savoir de montrer mon hébergement aux voyageurs qui cherchent à se loger en gîte près de chez moi.
Les relances de Google pour l’actualisation des tarifs, en revanche, ont continué. Une par mois, pendant huit mois. La dernière est arrivée le 1er avril 2026, et je ne l’ai pas considéré comme un poisson d’avril de la part du géant américain.
Le message porte l’en-tête « Fiche d’établissement » et un titre non équivoque : « Actualisez vos tarifs et touchez plus de voyageurs ». Le bouton s’appelle « Gérer les tarifs ». Il mène à l’endroit où le champ tarifaire n’existe plus.
Trois phrases de ce mail méritent d’être relues :
- « Pour que votre hôtel soit visible auprès d’un plus grand nombre de voyageurs, examinez vos tarifs au moins une fois par semaine. » Mon hôtel ? Je loue deux gîtes de deux et quatre personnes au bord de la Meuse.
- Ensuite le titre lui-même, qui relie mes tarifs à ma visibilité.
- Enfin : « les tarifs affichés sur Google doivent correspondre à ceux figurant sur votre page de réservation. »
Puis les messages se sont arrêtés, sans aucune explication de la part de Google.
Ce que Google n’a pas retiré, en revanche, c’est le lien vers le site internet de ma location saisonnière. Ni les boutons d’appel (GSM ou WhatsApp).
Comment Google utilise (ou pas) votre fiche d'établissement dans les résultats de recherche
Le premier espace où votre fiche d’établissement peut apparaître, c’est la recherche Google.
Quand un voyageur cherche un hébergement touristique dans votre région, Google peut afficher votre fiche d’établissement dans les résultats. Jusqu’au 8 septembre 2026, il pouvait aussi montrer, à la place, des informations issues de Google Vacation Rentals : selon la requête, il puisait tantôt dans votre fiche, tantôt dans l’inventaire. Depuis cette date, il a retiré ce second affichage dans l’Espace économique européen, pour se conformer au DMA. J’ai observé cette bascule avant le retrait, et elle éclaire ce que Google fait de vos données.
Illustrons cela de manière concrète.
L’affichage de votre fiche d’établissement dans le pack local
Le pack local est un mode d’affichage de résultats par Google. Il se compose d’une carte et en dessous, de trois hébergements proposés par le moteur de recherche.
L’affichage de votre fiche Google n’est pas automatique : Google opère une sélection de trois hébergements, selon ses propres critères, afin de répondre au mieux à la demande formulée.
L’internaute a la possibilité de voir plus de lieux, de naviguer sur la carte pour situer des hébergements et de choisir celui qui lui convient le mieux. En cliquant sur une des propositions d’hébergement, le voyageur ouvre un panneau latéral sur la droite, avec une présentation de la fiche de l’établissement choisi.
Voici un exemple de pack local, avec la fiche de mes gîtes qui apparaît.
Examinons plus attentivement cette capture d’écran. Le panneau de ma fiche montre des photos, des onglets, puis les boutons « Site Web », « Itinéraire » et « Appeler ». Sur mobile, le visiteur dispose aussi d’un bouton « WhatsApp ».
Vient ensuite un encadré « Comparer les prix », avec des dates et un nombre de personnes. À l’intérieur, aucun tarif : une phrase, « Contacter cet établissement pour connaître les tarifs et la disponibilité ».
Bref : Google a gardé le cadre du comparateur, mais il n’a plus rien à mettre dedans. Du moins, en ce qui concerne ma fiche d’établissement.
Un peu au-dessus, un bouton « Site Web ». Il mène au site web de ma location saisonnière. Un voyageur qui le suit peut réserver en direct, sans commission, sans intermédiaire. C’est la réponse la plus simple à la question de cette page. mais elle implique une démarche du voyageur, à savoir cliquer sur le bouton et naviguer ensuite sur mon site pour effectuer une réservation.
Ce bouton « Site Web », vous pouvez le pointer vers votre page d’accueil ou vers votre page de réservation. La différence ?
- Sur la page d’accueil, le voyageur venu pour réserver arrive sur votre vitrine et il doit chercher la bonne page pour réserver.
- Sur la page de réservation, il tombe directement sur vos disponibilités, à condition qu’elles soient affichées et que votre site permette une réservation en direct immédiate.
Pour un canal dont tout l’intérêt est le direct, chaque étape en moins compte. Ça ne changera pas votre place dans les résultats, mais ça change ce qui se passe après le clic. C’est la raison pour laquelle j’ai opté pour envoyer le voyageur directement sur la page où il peut effectuer une réservation, sans étape intermédiaire.
Sans site internet, il reste la possibilité de renvoyer le voyageur vers une annonce (sur une plateforme) ou une page Facebook. On quitte à ce moment le cadre de la réservation en direct.
L’affichage d’informations issues de Google Vacation Rentals
Jusqu’au 8 septembre 2026, pour répondre à certaines requêtes, Google n’affichait pas seulement votre fiche d’établissement : il montrait aussi, à la place, les données issues de Google Vacation Rentals.
Voici un exemple que j’ai observé sur mes propres gîtes. En modifiant la requête adressée à Google, le résultat changeait.
Pourquoi Google puisait-il dans Google Vacation Rentals pour certaines requêtes, et affichait-il la fiche d’établissement pour d’autres ? Pourquoi ce choix dépendait-il de la formulation ?
Je n’ai trouvé aucune explication officielle, et mes propres essais ne dégageaient aucune règle : à Dinant, ajouter « Belgique » suffisait à faire basculer l’affichage ; ailleurs, c’était un autre mot qui changeait tout, et ajouter le pays n’y changeait rien. Vous ne pouviez ni prévoir ni contrôler laquelle des deux sources un voyageur allait déclencher.
Cette bascule révélait un problème que le retrait de septembre 2026 n’efface pas : les données issues de l’inventaire de Google Vacation Rentals ne sont pas correctes. Les dénominations et les avis ne correspondent pas à la réalité de mes gîtes. Les prix non plus. À partir des données envoyées par mon channel manager, et probablement d’inventaires venus de plateformes, Google affichait une version de mon offre qui n’était pas la mienne. Ce module ne remonte plus dans la recherche en Europe, mais il reste visible sur sa page dédiée et le flux continue d’alimenter Google Maps.
Mon channel manager m’a confirmé que tout est correct de son côté, et le flux de l’un de mes gîtes est bien en ordre. La discordance vient donc d’ailleurs, sans doute d’un inventaire de plateforme sur lequel je n’ai pas la main.
Cette discordance entre les sources n’est ni une fatalité ni une situation universelle. Elle survient quand les données des deux sources, la fiche et l’inventaire, ne concordent pas. Et sur ce que Google reprend de votre hébergement dans Google Vacation Rentals, vous n’avez pas la main.
Sur Google Maps : le même lien vers votre site internet, mais les premiers concurrents apparaissent
Ouvrons Google Maps et cherchons ma location saisonnière « Les Gîtes Kangourou Dinant ».
Le premier écran ressemble à la fiche d’établissement : photos, avis, encadré « Comparer les prix » sans prix, « Contactez cet établissement pour connaître ses tarifs et ses disponibilités », et un lien « Visiter le site » qui mène au site internet de mes gîtes. Jusque-là, rien de nouveau.
Puis cliquons sur « Vérifier la disponibilité ». Un second écran s’ouvre. L’encadré reste vide, Google n’a toujours pas de tarif à afficher pour mes gîtes. Mais juste en dessous, on voit apparaître une ligne que la fiche d’établissement ne montrait pas : « Hôtels similaires à proximité ».
Et cette fois, il y a des prix : L’Ibis à 1 kilomètre, 144 €. L’Aquatel, 139 €. La Merveilleuse, 183 €. Des concurrents potentiels, chiffrés, sous l’annonce muette de mes gîtes.
Notons bien que Maps propose des « Hôtels », d’ailleurs. Comme dans le mail. Google range toujours mon gîte dans la même famille, et il me compare à des établissements auxquels je ne m’associe pas spontanément.
La mécanique a changé. Sur la fiche d’établissement, le voyageur trouve mes gîtes et il clique sur le lien vers mon site ou il passe son chemin. Ici, Google lui suggère des alternatives dans le même écran, et elles mentionnent un prix quand la mienne affiche « contactez l’établissement ». Maps reste utile, le lien direct vers mon site y est toujours. Mais je vois une fuite s’ouvrir, là où la fiche d’établissement n’en permet aucune.
Et ce n’est qu’un début. Cette couche de prix ne vient pas des fiches : elle vient de l’inventaire, la même source qui alimente Google Vacation Rentals. Ouvrons-le maintenant en grand.
Google Vacation Rentals, le comparateur d'hébergements de Google
Google Vacation Rentals (GVR) n’est pas apparu en location saisonnière avec la disparition de l’affichage des tarifs sur la fiche d’établissement. Le produit existe depuis 2019, et son comparateur, celui qui affiche plusieurs prix pour un même logement, date d’octobre 2023, déployé en Europe début 2024.
Il s’agit bien de deux évolutions distinctes, donc :
- d’un côté le verrou hôtelier de juillet 2025,
- de l’autre un comparateur de locations qui tournait déjà depuis deux ans quand mes tarifs ont disparu.
Ce comparateur fait partie de Google Travel. En ouvrant l’onglet « Locations de vacances », nous retrouvons le même bandeau que pour les vols et les hôtels : une recherche, des dates, des filtres de prix et d’équipements. Google range donc les gîtes et les hôtels dans le même outil que les billets d’avion.
Google l’a conçu pour rendre les hébergements touristiques réservables directement depuis Google, ce qui justifie de l’examiner de près.
Ce module a sa propre page sur Google Travel, et son contenu remonte aussi dans Google Maps. Il remontait également dans les résultats de recherche, jusqu’au retrait décidé par Google dans l’Espace économique européen le 8 septembre 2026. Ce qui le distingue de votre fiche n’est pas l’endroit où il s’affiche, c’est sa source : il ne vient pas de votre fiche, mais des inventaires des plateformes et des channel managers.
GVR ne prend pas la réservation, ce n’est pas une plateforme de réservation : il compare des prix et renvoie le voyageur vers le site d’un fournisseur ou d’un intermédiaire.
Cette vitrine est incomplète : Airbnb n’y figure pas, refusant d’alimenter Google avec ses millions de logements référencés.
Aussi étonnant soit-il, personne ne sait combien de voyageurs utilisent Google Vacation Rentals : aucun chiffre d’audience n’est rendu public (du moins, je n’ai rien trouvé).
Comment y apparaître, et pourquoi vous y êtes peut-être déjà
Pour apparaître sur Google Vacation Rentals, il y a deux options.
La première option ne dépend pas de vous. Vous n’avez aucune démarche à effectuer : le comparateur se remplit à partir des plateformes qui détiennent des inventaires de biens à louer. Si votre logement est sur Booking, sur Expedia ou sur un site régional, l’une d’elles peut le pousser vers Google sans vous prévenir.
Vous vous retrouvez dans le comparateur sans avoir rien demandé. Sans rien contrôler non plus de ce qui s’y affiche.
Rendez-vous sur Google Vacation Rentals, et tapez le nom de votre commune, puis celui de votre logement.
Regardez si vous y figurez. Beaucoup de loueurs s’y trouvent sans l’avoir demandé : il a suffi qu’une plateforme détenant leur inventaire les y pousse, sans partenaire, sans démarche.
Si vous y êtes, notez qui apparaît comme source de réservation. cela vous indiquera l’origine de votre présence.
L’autre voie pour apparaître sur Google Vacation Rentals est volontaire. Pour y être et surtout pour y faire remonter votre propre lien de réservation, il faut passer par un partenaire de connectivité, un channel manager certifié par Google.
L’accès direct, sans intermédiaire, existe, mais Google le réserve aux gros opérateurs, ceux qui gèrent plusieurs centaines de logements. Pour un loueur de quelques biens, la porte d’entrée est donc toujours un partenaire dûment autorisé par Google.
Le 30 juillet 2025, Google a mis fin à la saisie manuelle des tarifs sur les fiches d’établissement. Pour continuer à afficher un prix sur Google, il fallait désormais passer par un partenaire certifié. L’information est exacte, et la presse spécialisée comme les organisations professionnelles l’ont relayée telle quelle.
Chez plusieurs prestataires, elle a pris une autre tournure. « Vos tarifs ne s’affichent plus » est devenu « votre visibilité est en jeu », puis « vous perdez des réservations ». Le remède, à chaque fois, était de se connecter à leur solution. Le mot qui glisse est « visible ». Google l’employait pour les tarifs, dans le mail que je recevais : « touchez plus de voyageurs ». Quelques communications commerciales l’ont étendu à la visibilité de l’hébergement tout entier.
La fin de l’affichage des tarifs sur la fiche d’établissement n’est nullement une perte de visibilité. La fiche reste, elle continue de sortir sur une recherche locale, elle garde ses avis et son lien vers le site.
Quant à l’affirmation la plus forte, « les réservations chutent », aucune donnée ne l’étaye. L’essentiel de ces messages est passé par des e-mails clients, hors de toute vérification publique. Ce qui est sûr, c’est que la bascule hôtelière a été présentée, par endroits, comme un enjeu général de visibilité. Elle ne l’était pas.
On l’a vu plus haut : quand Google puisait dans l’inventaire, mes gîtes ressortaient avec des notes et des prix qui ne sont pas les miens. La présentation ressemblait pourtant, à s’y méprendre, à celle du pack local et de Maps : même vitrine, mais une autre source, que je ne maîtrise pas.
Reste à comprendre pourquoi, dans ce comparateur, mon offre directe passe à la trappe.
Comment réagir lorsque le prix de réservation en direct n’arrive pas dans le comparateur de Google ?
La promesse des promoteurs de Google Vacation rentals tient en une phrase : votre prix direct, normalement plus bas que celui des plateformes, s’affiche dans le comparateur à côté des leurs, et le voyageur, en le voyant, réserve chez vous plutôt que de payer une commission.
Quand j’ai récemment ouvert le comparateur d’une de mes annonces, Google avait rangé les offres en deux listes :
- En haut, sous le titre « Options de réservation » : Bluepillow à 185 euros, Expedia et Abritel à 187, chacun avec son prix et son bouton « Visiter le site ».
- En dessous, sous un autre titre, « Autres résultats issus du Web » : quelques agrégateurs, un annuaire régional, et mon site officiel. Dans cette seconde liste, aucun prix. Juste « Visiter le site ».
L’offre de réservation directe de mes gîtes n’est donc pas en concurrence avec les plateformes. Elle est rangée en dessous, dans la liste des options sans tarif. Le voyageur voit trois prix alignés en haut, et plus bas une poignée de liens muets, dont le mien.
Ce classement n’est pas un hasard, c’est une règle de Google. Sa documentation distingue deux liens :
- Le lien de réservation n’apparaît que « when Google has a price for the user’s requested itinerary », quand un tarif est transmis pour les dates demandées.
- Le lien vers le site, lui, s’affiche « avec ou sans prix ».
Les plateformes envoient à Google un flux de prix pour chaque nuit ; mon site direct, non. Elles montent donc dans les options de réservation, tarifées ; moi, je reste dans les autres résultats, sans prix.
Sur une autre de mes annonces, j’ai trouvé pire :
- Deux liens menaient à des locations qui ne sont pas les miennes,
- et un troisième, censé ouvrir un de mes gîtes, tombait sur l’autre.
Chaque annonce ouvrait d’ailleurs sa propre liste de fournisseurs. Même hébergement, comparateurs différents.
Voilà pourquoi être connecté ne suffit pas. Passer par un partenaire fait entrer votre logement dans le comparateur, mais tant qu’aucun prix direct ne circule pour les dates cherchées, vous y entrez sans tarif. Connecté ne veut pas dire comparé.
Si vous regardez attentivement la carte située ci-dessus, à côté du comparateur, deux épingles apparaissent, l’une floquée 180 € et l’autre 185 €.
Ces deux épingles sont celles de mes deux gîtes. Sauf que les deux gîtes sont dans le même bâtiment, au bord de la Meuse, contrairement à ce qu’affiche la carte de Google. A vol d’oiseau, la distance entre les deux épingles n’est pas importante, mais le problème n’est pas là : il y a réellement une erreur de localisation d’un des deux gîtes.
Google ne s’en cache pas : sa propre documentation parle d’une « approximate location », une localisation approximative. Ce placement sur la carte, je ne l’ajuste pas moi-même : Google le calcule lui-même à partir des flux qu’il reçoit, et l’hébergeur ne le corrige pas à la main. Un voyageur qui se fie à la carte pour choisir un logement proche d’un point précis peut donc me chercher là où je ne suis pas. Et ne pas me trouver là où mes gîtes sont réellement. J’espère que cette carte ne servira jamais pour guider un GPS.
Alors, faut-il être sur Google Vacation Rentals ?
Reconnaissons ce que Google Vacation Rentals a pour lui :
- Il est gratuit et ne prélève aucune commission.
- Il accueille les petits loueurs sans exiger un minimum de biens.
- Airbnb, la plateforme la plus importante, n’y figure pas, ce qui laisse de la place.
- Et le principe même, un comparateur adossé à une carte qui montre les hébergements disponibles autour d’un point, est utile au voyageur.
Sur le papier, l’idée est séduisante.
Reste à savoir si elle tient ses promesses. Et là, personne ne peut répondre. Aucune source fiable ne permet d’évaluer ce que Google Vacation Rentals rapporte à un loueur saisonnier en réservations directes. C’est le pendant exact d’un autre vide : personne ne sait non plus combien de voyageurs s’en servent pour réserver. Deux inconnues qui se répondent, et qui laissent la question ouverte.
Ce que cette page a montré, en revanche, est concret. Vous n’avez pas la main pour entrer sur Google Vacation Rentals :
- une plateforme vous y pousse sans vous demander votre avis.
- vous passez par un partenaire autorisé, c’est-à-dire le plus souvent votre channel manager.
Dans les deux cas, il y a un intermédiaire.
Une fois sur GVR, vos inventaires venus de sources différentes peuvent se télescoper : trois annonces pour deux gîtes, des prix qui ne sont pas les vôtres, un lien qui mène chez le voisin, et vous ne pouvez rien y reprendre à la main. Le comparateur ne devient un atout que s’il fonctionne proprement. J’ai pu observer qu’il ne fonctionnait pas proprement en ce qui concerne mes gîtes.
Un dernier écueil avant de trancher : l’attribution. Une réservation « venue de Google » n’est pas une réservation « venue de Google Vacation Rentals ». Le voyageur a pu vous trouver par une recherche classique, par la fiche, par Maps.
Pour juger ce canal, il faut d’abord savoir l’isoler, mesurer ce que la fiche envoie vers votre site. Sans cela, on prête à GVR des réservations qui ne lui doivent rien.
Une évolution mérite d’être surveillée. Le jour où un assistant comme Ask Maps répondra aux questions de voyage en langage naturel, c’est lui qui choisira le lien vers lequel envoyer le voyageur, et ce que votre fiche Google aura préparé pour ce moment-là comptera plus que votre rang dans le comparateur d’aujourd’hui.
FAQ
Google Vacation Rentals, est-ce la même chose que Google Hotels ?
Non, ce sont deux outils distincts de Google Travel. Google Hotels concerne l’hôtellerie. Google Vacation Rentals est le comparateur des locations de vacances, né en 2019, doté d’un comparateur de prix depuis 2023.
Google Vacation Rentals prend-il une commission ?
Non. Google ne gère pas la réservation et ne prélève rien : il propose un comparateur des prix et renvoie le voyageur vers le site des fournisseurs. Les liens restent gratuits pour ces fournisseurs. En revanche, y faire remonter votre offre directe suppose de passer par un partenaire de connectivité, et ce partenaire, lui, a un coût.
Airbnb est-il présent sur Google Vacation Rentals ?
Non. Airbnb n’alimente pas Google : le voyageur qui compare sur Google Vacation Rentals ne voit pas les annonces d’Airbnb. Il voit les autres plateformes, comme Booking, Expedia ou Abritel, et, quand elle est transmise, votre offre directe.
Puis-je faire corriger une annonce erronée qui affiche mon hébergement ?
Pas directement. L’annonce vient de la plateforme qui a transmis votre logement à Google, c’est donc à elle qu’il faut s’adresser d’abord.
Sur mes propres gîtes, mon prestataire m’a renvoyé vers Google, que je n’avais pas encore contacté au moment d’écrire ces lignes. L’annonce, elle, reste inexacte.
Sur Google Vacation Rentals, la cohérence de vos annonces peut vous échapper. J’en fais moi-même l’expérience.
Mais ce comparateur n’est qu’une vitrine parmi d’autres, et la plupart des autres, vous pouvez les adapter. Vous choisissez votre nom, vos photos, vos tarifs et vos conditions. Que ce soit sur votre site, ou même sur les annonces des plateformes par lesquelles vous distribuez vos offres. En cas de décalage ou d’incohérence, vous pouvez réagir et c’est là que se gagne la confiance du voyageur, lorsqu’il vous compare avant de réserver.
Reste la vraie question, celle qui vaut pour tous ces canaux à la fois : comment garder ses annonces d’accord d’une plateforme à l’autre quand on gère plusieurs vitrines en même temps ?